travestisme&transsexualité

Bien que les deux phénomènes soient liés, il faut distinguer entre travestisme et transsexualité. Le premier terme désigne le fait de porter des habits typiques pour l’autre sexe, le second désigne le fait de désirer changer de sexe.

 

travestisme

La plupart des enfants aiment se déguiser. Pendant l’adolescence, le fait de toucher, de caresser ou de porter des habits (le plus souvent féminins) peut stimuler le désir sexuel de façon très intense. En général, les habits féminins ont un effet aphrodisiaque plus important que les habits masculins. Les femmes éprouvent généralement plus de plaisir à porter des habits que les hommes, mais en même temps, rares sont les hommes qui n’ont jamais essayé de porter des sous-vêtements féminins en catimini dans le but de se masturber dessus.
Le fait de se travestir est donc une chose assez courante. Mais il arrive aussi, plus rarement, qu’une personne soit tellement insatisfaite par rapport à son identité sexuelle et aux rôles que la société impose au sexe auquel elle appartient, qu’elle manifeste carrément le désir de changer de sexe. Dans certains cas, la personne peut décider de se faire opérer afin de changer de sexe.

 

transsexualité

Interview de Sonja Raaymakers, une figure marquante du monde transgenre aux Pays-Bas (Sonja Raaymakers est décédée en 2006):

“Les sentiments transgenre peuvent varier en intensité et en importance. Mais à un certain moment surgit ce qu’on appelle la dysphorie: un sentiment de mal-être permanent par rapport au sexe du corps et à l’identité sexuelle ressentie. Ce sentiment peut se manifester à un âge très précoce. Il peut parfois être tellement fort qu’on désire adapter son corps à ce qu’on ressent au niveau psychique. C’est ce qu’on appelle la transsexualité. La plupart des transgenres ne vont pas jusque-là: ils arrivent à trouver des façons d’être eux-mêmes sans recourir à une opération”.

“Selon certaines sources, 3 à 5 pour cent des hommes ne se sentiraient pas à l’aise dans leur corps d’homme”.

“Personnellement, je pense qu’il ne s’agit que d’environ 1 pour cent de la population masculine. Et la grande majorité de cette catégorie n’a pas envie de se soumettre à un traitement médical. Environ un homme sur 12.000 et une femme sur 30.000 sont transsexuels”.

“Je suis très consciente du fait d’être transgenre. Le travestissement est un instrument dont on se sert pour exprimer et pour ressentir certaines choses. Les transsexuels aussi se travestissent. Et pour éprouver cela, mais aussi pour le communiquer à moi-même et à mon environnement, je me travestis. Beaucoup sont assez maladroits dans leur travestissement; il expriment des choses que le monde extérieur perçoit de façon assez caricaturale: ils se déguisent en soubrette SM, portent des chaussures avec de très hauts talons, des jupes très courtes et très moulantes. Heureusement, certains arrivent à modifier ces comportements en partageant leurs expériences avec d’autres personnes transgenre”.

“Quand on se travestit régulièrement, on se lasse vite du simple fait de se masturber tout seul dans sa chambre. Le fait de se déguiser en femme ne provoque plus une gigantesque érection (il m’arrive d’être travesti plusieurs jours d’affilé, je ne voudrais pas avoir d’érection pendant tout ce temps-là). Bien sûr, on réfléchit, et on se pose la question, pourquoi est-ce que je me travestis? Je me suis rendu compte que j’avais toujours été différente des autres: je n’étais pas un garçon comme les autres, je ne participais pas aux jeux de garçons, je me fâchais quand mes professeurs voulaient que je devienne un solide gaillard. Quand j’étais adolescent je ne draguais pas les filles. Ce n’est que plus tard que je me suis rendu compte qu’il y avait une raison à cela. C’est à ce moment que je me suis révolté contre le(s) rôle que la société m’imposait en tant qu’homme. Mais je me suis aussi réalisé qu’une solution médicale ne serait envisageable qu’à partir du moment où la chose serait tout à fait claire dans mon esprit. J’ai souvent pu constater que les médecins opéraient allègrement, sans se soucier le moins du monde de l’aspect psychologique du problème: ici aux Pays-Bas, la transsexualité est uniquement considérée comme un problème médical, ce qui est une approche assez stupide”.

“Parfois je dois faire comprendre de façon assez sévère aux gens qu’ils se trompent. Je trouve par exemple qu’il ne faut jamais cacher son penchant travesti à son partenaire. Ou lui faire acheter les habits. Ou mettre en péril le budget du ménage. Ou exiger que votre conjoint fasse l’amour avec vous quand vous êtes travestis. Je reçois en moyenne 30 à 40 personnes transgenre par mois, qui connaissent mes principes. Beaucoup d’entre eux viennent avec leur partenaire, ou avec leurs enfants, ou même avec leur belle-mère! Pour beaucoup, le fait de fréquenter une soirée transgenre est très important, probablement parce que ça leur permet de structurer leur vie”.

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