feminism
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l’idéologie féministe
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 la discrimination
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l’ennemi commun
l’ennemi commun

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Le féminisme, comme le fascisme, le communisme, le capitalisme, le pacifisme, l’intégrisme ou n’importe quel autre ‘isme’ est une idéologie, ce qui veut dire que l’on s’en sert pour comprendre le monde, interpréter le passé et envisager le futur. Toutes les idéologies tentent de changer les choses (et généralement d’imposer  leur vision du monde) par la voie de la politique, ce qui implique qu’on essaye d’acquérir et d’utiliser ce pouvoir.

 

L’idéologie féministe

Le féminisme et la libération de la femme ne sont pas la même chose, de même qu’on ne peut pas mettre dans le même panier le communisme et le mouvement ouvrier ou l’intégrisme islamiste et la révolte sociale de certains musulmans. Le féminisme est un courant de pensée, qui est basée sur la distinction fondamentale entre masculin et féminin (qu’on réduit souvent de façon simpliste à la distinction entre hommes et femmes). Dans la pensée féministe, les femmes sont considérées comme des êtres opprimés par les hommes, grâce aux lois qui ont été votées par les hommes, pour le plus grand bénéfice des hommes.
Le féminisme n’est donc pas seulement un mouvement de femmes. C’est un type de discours que tiennent tout un tas de gens. N’importe qui adhère à l’idée que les hommes sont maîtres du monde et que les femmes sont opprimées peut être considéré comme féministe. Il arrive qu’un certain courant de pensée soit dominant quand tout le monde adhère aux points de vues les plus fondamentaux de ce courant. C’est le cas (en tout cas dans les pays occidentaux) aujourd’hui avec le féminisme.

 

Une religion sans dieu

Le féminisme, comme tous les autres ‘ismes’, est une religion sans dieu. Il est né au dix-neuvième siècle, comme le capitalisme, le socialisme et le libéralisme, au moment où la séparation entre l’église et l’état marqua la constitution des états modernes. C’est donc un système de croyances séculier. Le fait que le féminisme n’a pas donné naissance à des partis politiques de grande envergure ne signifie en aucun cas que les féministes n’ont jamais su faire entendre leur voix en politique.
Nous avons une image stéréotypée de ‘la féministe’. Ceci est dû au fait que la plupart des gens ont du mal à penser en termes abstraits et préfèrent se faire une image concrète de ce qu’est un fasciste, un pacifiste, ou en l’occurrence une féministe. Nous apprenons à parler à un âge où notre pensée est encore assez primitive, et à ce stade nous voyons le monde en termes d’objets, et nous voulons avoir un mot pour chaque objet. Nous voulons être capables de désigner quelqu’un et de dire que c’est un(e) féministe.

 

L’ennemi commun

En général, les ‘istes’ ne s’entendent pas entre eux. Mais comme tous les discours politiques et religieux, le féminisme tente de forger un lien entre ses croyants en créant un ennemi commun. Les féministes ont des avis très partagés sur la plupart des sujets qui les intéressent, mais elles ont réussi à créer un sentiment (artificiel) d’unité en mettant l’accent sur la lutte contre les injustices, la domination masculine et le mal, en particulier le mal sensé provenir de la sexualité. Le féminisme crée une distinction entre ‘eux’ et ‘nous’ et joue donc sur la suspicion, l’angoisse et la rancune. De façon similaire, le sionisme et l’antisémitisme accentuent la différence entre juifs et non-juifs, et le racisme divise les gens sur base de leur couleur de peau.

 

La discrimination positive

Le féminisme exerce un grand pouvoir d’attraction sur les forces conservatrices et réactionnaires partout dans le monde. Ce phénomène se manifeste de plusieurs façons: d’un côté par l’accent mis sur la protection des femmes et des enfants, ce qui a toujours été caractéristique des sociétés primitives et avides de violence. Par ailleurs, on assiste à une montée en puissance des femmes dans la sphère publique, même si ce mouvement n’a mené qu’à une légère augmentation du nombre de femmes (presque exclusivement issues des classes moyennes) en politique et dans la vie économique. Mais même si quelques individus récoltent les fruits de ces changements sociaux, on ne peut absolument pas dire que le féminisme contribue à améliorer le sort des femmes en général. Il en était de même sous le régime communiste, où on nommait certains membres de la classe ouvrière à des postes de haute responsabilité, mais où la majorité de la population était victime d’injustices que le système refusait de reconnaître.

 

La mythologie féministe

Le féminisme est une idéologie partagée par la plupart des gens, comme l’était le masculinisme il y a quelques décennies. Le féminisme s’est infiltré dans les images et les mots utilisés le plus couramment pour exprimer le monde dans lequel nous vivons. Ceci implique qu’il n’y a presque personne qui remet en cause les principes fondamentaux du féminisme. Les rares qui s’y opposent sont traités de vieux croûtons réactionnaires qui veulent garder les femmes dans l’état de servitude qu’elles ont toujours connues. Il existe cependant de tels hommes, mais ce qu’ils veulent, c’est conserver le système sexuel en place, et par ce biais, ils sont des alliés objectifs des féministes, qui veulent la même chose.

 

Le féminisme comme réaction à la réforme sexuelle

D’un point de vue historique, le féminisme est une réaction contre la réforme sexuelle. En effet, la réforme sexuelle, qui est née au 19éme siècle (comme le féminisme), attaque le système en soi : elle cherche à obtenir l’égalité entre les sexes, ce qui implique de libérer les femmes de la contrainte de la grossesse, la disparition de la famille telle que nous la connaissons, et se bat pour l’expression libre de l’amour, sans limite d’âge, de sexe, de statut social ou de religion. Dans les deux cent dernières années, il y a eu plusieurs révolutions sexuelles, dont la dernière, qui se déroula dans les années 1960 et 1970, a été la plus importante. Chaque fois que les conséquences ultimes de la réforme sexuelle ont été explicitées, une réaction s’est mise en marche. Le féminisme est un de ces mouvements réactionnaires qui ont tenté de faire barrage à la réforme sexuelle. Les féministes prétendent que la soi-disant révolution sexuelle n’a été profitable qu’aux hommes, qui auraient d’ailleurs inventé la pilule dans l’unique but d’asservir les femmes à leurs propres instincts. Dans les années 1930 on utilisait exactement le même argument en défaveur du diaphragme Mensinga, qui était le contraceptif standard que prescrivaient les médecins progressistes.
La réforme sexuelle est un processus qui se déroule à différents niveaux. Chaque individu peut éprouver des difficultés pour savoir si il est pour ou contre le changement. Ceci explique notamment pourquoi certaines  personnes qui militent pour réformer la sexualité se qualifient aussi de féministes. La réaction contre la réforme sexuelle, qui a commencé dans les années septante, a donné naissance à une large plateforme pour la diffusion d’idées conservatrices, ce qu’on peut observer dans le retour de la vie familiale comme valeur fondamentale, la nature (féminine) comme symbole de pureté et d’harmonie mais aussi de vulnérabilité, alors que dans le même temps, de nouveaux nationalismes, de nouvelles formes de racisme et de xénophobie et de violence sont apparues.

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